23/02/2012

Au revoir, et bonne chance, M. le Directeur


Merci, M. le Directeur, de m’accorder un peu de votre temps.

Quand vous envisagiez de demander mon départ du magasin, vous deviez sans doute supposer que je n’aime pas faire valoir mes droits. Pardonnez-moi de ne pas vous avoir éclairé, et d’avoir alerté mon employeur.
A la lecture de mon courrier, lui annonçant votre intention, et mes motifs de contestation, il a certainement exprimé sa crainte d’être obligé de me verser des indemnités pour licenciement abusif, et préjudice moral, auprès de votre hiérarchie. En effet, vous avez arrêté vos agissements le lendemain du jour de la réception de mon pli, et je n’ai pas été licenciée. Tant pis pour mes indemnités. Mais ne dit-on pas : bonne renommée, vaut mieux que ceinture dorée ?
L’une de vos plus proches collaboratrices ayant accepté de faxer mon courrier, convenez, Monsieur, que votre établissement aurait quelques difficultés à le désavouer officiellement. D’autant plus qu’elle l’a faxé deux fois, l’accusé réception du premier envoi étant introuvable.

Quand vous récusiez votre propos, vous deviez sans doute présumer que je n’aime pas répartir. Pardonnez-moi, Monsieur, de ne pas vous avoir prévenu, et d’avoir répondu à mon employeur : ‘Bonne nouvelle !’, lorsqu’il m’a appris votre démenti.
Aujourd’hui ma parole s’est envolée, mais pas la vôtre. Elle est inscrite sur l’accusé réception du fax, que je garde précieusement. Si l’on me cherche à nouveau des ennuis, je pourrai ainsi prouver le harcèlement. Et oui, grâce à vous, Monsieur, je bénéficie du rare privilège d’être quasiment invirable pendant un an.

Vous êtes toujours fâché contre moi, Monsieur, et je me demande ce que vous me reprochez. Peut-être de ne pas avoir compris votre attente ? Mais je suis allée vers vous, et vous ne m’avez jamais rien demandé. Peut-être d’être toujours en poste ? Mais je n’ai commis aucune faute. Peut-être votre mutation ? Mais ce n’est pas moi qui l’ai décidée.
Non, Monsieur, je ne suis responsable ni de votre frustration, ni de votre infortune. Pour moi, elles sont surtout le contrecoup d’un regrettable accident de poussette, dont vous n’êtes toujours pas remis.

Au revoir, et bonne chance, M. le Directeur.

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