23/02/2012

Croyances

Dans la nuit close où chatoient les yeux de Bastet, brille de mèches et flammèches ardentes une torche enflammée. Elle est pendue à un clou rouillé, à la petite cabane forestière.
L’humeur des bois transportée par les éthers resplendit au sein d’une éternité calme, tandis que le Vent se joue des cloches abbatiales du village, au loin.
Un craquement soudain fissure le silence. C’est le grand chêne qui sanglote. Il a les bras si longs qu’il n’en porte plus le poids rêche. Sa mélancolie est semblable à celle des flots éprouvés par la pluie.
Dans la nuit close où l’éclat vermillon du jour est maudit est assis un vieillard, au pied de la petite cabane. Il ne portera bientôt plus le poids menu de sa pipe que ces lèvres mutilées par le temps pincent encore.
Une chouette crache son cri. La pipe tombe.

A propos chatmasqué

Historienne de l'art / Rédactrice freelance

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