Muhammad Yunus est Prix Nobel de la Paix, mais c’est bien au delà de cette reconnaissance qu’il mérite le respect. Ses deux ouvrages « Vers un monde sans pauvreté », « Vers un nouveau capitalisme » apportent, à travers un troisième « Pour une économie plus humaine », la preuve par l’exemple qu’il est possible d’établir un autre modèle de développement, de commerce que celui basé exclusivement sur la maximisation du profit. L’inquiétude des « grands » montre combien le social-business peut changer, au moins pour partie, la face du monde.
Ce modèle donne son plein sens à la notion d’objet social de l’entreprise. Le « Social-business » est une forme de capitalisme axée sur la production de bénéfices sociaux, et au profit des plus pauvres.
Si le système capitaliste est basé sur l’exploitation des richesses… par et pour les riches… le concept de Social-business repose ainsi sur l’éveil de la composante altruiste de la nature humaine. L’humain sort ainsi de sa condition de rouage de la machine à générer du profit pour révéler sa vocation à générer du bénéfice social au profit des moins favorisés.
Si le modèle repose sur les pauvres et non plus sur les riches, ce n’est pas pour autant que l’entreprise perd son essence, mais elle consacre alors ses bénéfices à la diminution des coûts, à la production d’avantages sociaux. Ainsi, les actionnaires de l’entreprise de Social-business renoncent par définition à toute perception de dividende.
Utopie direz vous ? Regardez la réalité, non seulement c’est le cas, mais de plus, les actionnaires en sont fiers. « Je me souviendrai de ce moment UNIQUE dans l’histoire du capitalisme moderne, où les membres d’un Conseil d’Administration se sont félicités d’avoir définitivement supprimé tout risque de recevoir des dividendes ».
Quand vous saurez que c’est chez Grameen Danone que ceci s’est produit, vous comprendrez l’importance du mouvement et de la révolution qu’il apporte au capitalisme ! Non seulement l’actionnaire renonce au dividende, il déclare de plus que sa perception représente un risque.
Les bénéfices pour l’entreprise en sont immenses. Les salariés retrouvent la dimension sociale dont la soumission au Diktat des actionnaires les avait éloignés. A l’époque de la mis en œuvre difficile de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise, le Social-business permet à l’entreprise de se réconcilier avec la société.
L’ouvrage nous montre comment le concept se distingue d’autres approches, des ONG, des Fondations, comment les difficultés ont surmontées, comment les revirements sont abordés pour compléter les approches. Les preuves par l’exemple qu’il présente nous montrent l’importance que de grandes entreprises portent au Social-business, tant il est facteur de progrès pour la société et pour elles-mêmes.
Chez Danone, çà se passe comme çà !
Aujourd’hui même, les étudiants en 3ème année de la Grande Ecole, du Mastère Spécialisé Management du Développement Durable et du MBA d’HEC Paris peuvent suivre un programme de formation complémentaire de 2 mois appelé «Track Social-business/Entreprise et Pauvreté», entièrement consacré aux thèmes du social-business et de l’engagement des entreprises dans la lutte contre la pauvreté.
Le Social-business est plus qu’une tendance ou une option, c’est une révolution dans le concept d’entreprise capitaliste. Transgressant complètement la notion de socialement responsable, l’entreprise devient socialement active, socialement utile. Les entrepreneurs sociaux sont parmi nous, ils peuvent changer le monde en réveillant, tout simplement, notre composante altruiste. Peut-être aurez-vous envie de les rejoindre ?
Découvrez, sans plus tarder l’ouvrage de Muhammad Yunus « Pour une économie plus humaine – Construire le social-business », c’est une révélation sur notre société, c’est aussi une révélation sur nous mêmes !
Mai 2011 – Coup de théâtre !
En Mai 2011, Muhammad Yunus décide de démissionner de la Grameen Bank, mettant ainsi fin au long bras de fer qui l’a opposé au gouvernement du Bangladesh. L’influence de la Grameen Bank dans le domaine des panneaux solaires, de la téléphonie mobile, des biens de consommation pose-t-elle « problèmes » au système établi ? Mis à l’écart à l’issue de décisions gouvernementales, Muhammad Yunus n’en n’est pas moins devenu le « banquier des pauvres », révolutionnant ainsi le capitalisme.
« J’espère que la Grameen Bank va poursuivre ses activités, en maintenant son indépendance et son caractère » – Muhammad Yunus

